Éloge de l’audace

« Être optimiste », c’est d’abord oser agir en ayant l’audace d’optimaliser concrètement ce que nous propose la réalité – ressources et contraintes, forces et handicaps, joies et peines. C’est faire toujours le mieux possible avec ce matériau, tout ce matériau, que l’on appelle la vie réelle. Tout comme « avoir de la chance », c’est oser agir face à l’évènement inattendu et fortuit. Qu’il soit heureux ou malheureux, providentiel ou tragique, c’est avoir l’audace de le transformer en une circonstance favorable. La plus grande audace est bien celle du devenir.

Dans un ouvrage « L’art du temps », Jean-Louis Servan-Schreiber propose, afin de clarifier nos priorités et nos enjeux, de remplacer systématiquement dans nos conversations le mot « temps » par le mot « vie ». On ne gagnerait plus du temps, on gagnerait sur sa vie ; on ne prendrait plus sur son temps, on prendrait sur sa vie ; et si l’on peut admettre que certains nous fassent perdre notre temps, il devient plus difficile de les laisser nous faire perdre de la vie !

Chaque matin, nous sommes crédités, la magie recommence, nous sommes crédités de 86.400 secondes de vie, et nous jouons avec cette règle incontournable : la banque peut fermer notre compte à n’importe quel moment, sans aucun préavis : à tous moment, la vie peut s’arrêter. Alors, pourquoi ne pas en faire, si on en a la possibilité, un instant aussi lumineux, aussi intense que possible ? Un destin de comète en quelque sorte…

Le temps de l’audace

Là où le courage peut être vu comme une vertu de la bonne mesure, l’audace « dépasse la mesure ». L’audacieux s’affirme, mais souvent au-delà de ce dont il se croyait capable. Et c’est en cela que l’audace est avant tout révélatrice, voire créatrice d’opportunité. L’audace est donc une attitude éminemment personnelle, un choix d’action fait par un individu qui va oser outrepasser les convenances ou surpasser ses propres limites. L’audace est une vertu d’innovation.

« Si vous ne risquez rien, vous risquez encore plus » (Erica Jong)

« Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que l’on aurait pu être » (Georges Eliot)

Chacun peut aisément identifier sa zone d’audace ; il suffit pour cela de sentir monter en soi, fût-ce avec une certaine appréhension, une envie de faire quelque chose de nouveau, d’inhabituel ou de simplement différent. Il est ensuite conseillé de s’interroger sur ses ressources, car oser sans rien savoir, parier sur l’audace sans disposer d’une compétence (même partielle), c’est faire le lit des désillusions. Chacun peut s’interroger sur ses propres limites, jusqu’où il est prêt à « aller trop loin ». A chacun ses limites, à chacun ses extrêmes. Car il n’existe guère de règles à ce niveau, sinon celle de l’intuition et de l’intime conviction sur soi-même. « On ne repousse pas ses limites, on les découvre », nous dit l’explorateur polaire Jean-Louis Etienne.

Avoir de l’audace, c’est aussi se connaitre assez pour ressentir ce qu’on peut vraiment oser faire et quel prix on est prêt à payer en cas d’échec. Etre audacieux ne signifie pas être « tête brûlée ».

Freud : « L’homme énergique qui réussit, c’est celui qui parvient à transformer en réalité les fantasmes du désir » (« Cinq psychanalyses »).

Chacun de nous, dès lors qu’il se tend à soi-même une oreille bienveillante, perçoit l’écho de désirs multiples. Et notre élan vital nous pousse en permanence à trouver de nouvelles voies d’expression, d’expérimentation ou d’exploration. Les uns ont envie de créer, d’imprimer leur touche ou de laisser une trace ; les autres, de partager, d’échanger ou de transmettre. Certains ont envie de comprendre, d’apprendre ou d’expérimenter ; d’autres de s’engager, de se mobiliser, de s’investir dans quelque chose. D’autres enfin ont envie de ressentir, d’éprouver, de vivre des expériences intenses. Ces désirs sont plus ou moins aisés à satisfaire, mais tous méritent qu’on leur prête attention.

Afin de maintenir cette étincelle créative et cette tension d’improvisation dans toutes les situations de la vie, on peut tout d’abord s’efforcer de rester ouvert à tout effet de surprise, fût-ce au prix de la mise sous tension de notre zone de confort. Celui ou celle qui accepte de se laisser surprendre par les évènements, voire de devenir soi-même quelqu’un de surprenant, ouvre déjà des possibilités nouvelles. Mais se laisser surprendre, c’est aussi se laisser tenter.

On n’est jamais prêt ; la caractéristique de toutes les grandes aventures est que celui qui s’y est lancé n’était pas totalement prêt, n’avait pas pensé à tout.

Vouloir trop contrôler sa vie, c’est se condamner à l’appauvrir. Etre vivant, c’est d’abord être en voyage le long d’un chemin parsemé d’aventures, autant celles déjà vécues que celles à venir.

Douze questions qui peuvent tout changer :

  1. C’est comment de vivre avec moi ?
  2. Qu’est-ce que je ressens quand je regarde celui/celle que je suis en train de devenir ?
  3. De quoi ai-je vraiment envie ?
  4. Que ferais-je de ma vie si j’étais payé pour exister ?
  5. Si j’étais sûr à 100% que cela va réussir, qu’est-ce que je tenterais dès demain matin ?
  6. Qu’oserais-je faire si je n’avais pas peur ?
  7. Si je vivais comme j’ai vraiment envie de vivre, est-ce que cela ferait de la peine à quelqu’un ?
  8. Qu’est-ce qui m’empêche de vivre comme j’ai vraiment envie de vivre ? Ai-je une influence dessus ?
  9. Quelle est la dernière fois où j’ai fait quelque chose pour la première fois ?
  10. Que vais-je faire différemment à partir de demain ?
  11. Afin de mener la vie à laquelle j’aspire, que faut-il que j’apprenne ? Que faut-il que je cesse de faire ?
  12. Que dois-je faire d’audacieux pour devenir quelqu’un avec qui il sera romanesque de vivre ?

 

Auteur: Philippe Gabilliet

Editions: Saint-Simon

 

Réflexion:

En effet « miroir », en quoi cette lecture pourrait-elle évoquer votre parcours et comment pensez-vous qu’elle nous inspire dans nos accompagnements de cadres & dirigeants, en OUTPLACEMENT INDIVIDUEL et EXECUTIVE COACHING ?

Au plaisir de futurs échanges …