La vulnérabilité, clé des relations

Les nombreuses Co-personnalités qui se présentent à nous avec leurs possibilités illimitées, nous sont toutes communes ; ce qui varie, c’est la façon dont nous vivons avec elles. Si le syndrome des personnalités multiples est pathologique, être fait de multiples ‘je’ est normal (notre « théâtre magique », fait de tous nos ‘moi’ différents). Une Co-personnalité est un état d’être ; un vibratoire particulier incarné dans le corps. Chaque état d’être à sa propre « onde de force ».

 

Voice Dialogue/ Dialogue Intérieur :

Il s’agit bien d’un dialogue avec une personne extérieure qui va interroger une de nos voix et l’objectiver comme une partie et non la totalité de nous-même. Sans un miroir extérieur, cette objectivation reste aléatoire. Un monologue, même à plusieurs voix, donne peu de chance d’objectiver les voix majeures auxquelles nous sommes identifiés. Il est impossible de voir les yeux qui nous servent à voir.

Chaque élément de notre comportement est, ou était, une façon de s’adapter. Chaque partie primaire a été développée soit pour nous rapporter des récompenses, soit pour nous éviter la souffrance. Ainsi, chacune de nos parties primaires nous a véritablement aidés à un certain moment et doit être honorée en cela, même si elle n’est plus particulièrement utile maintenant.

Qui que ce soit et quoi que ce soit que nous jugeons est notre « moi » renié. Quel que soit ce qui nous manque, cela nous est apporté à travers nos relations personnelles ; les autres sont constamment en train de refléter notre partie manquante. Plus cette émotion est forte à l’encontre d’une personne, plus cette personne porte une partie importante. Il est effarant de voir la somme de souffrances inutiles que les gens se donnent à vivre parce qu’ils ne comprennent pas ce que signifient les parties primaires et les parties reniées dans leur vie ; parce qu’ils ne savent pas travailler avec leurs propres jugements comme miroirs de ces dernières.

Dans cette méthode, toutes les Co-personnalités, sans exception, ont droit au respect. Le concept nouveau est celui d’un ego conscient qui se sépare des parties primaires, maintient une très bonne relation avec elles, et embrasse les parties reniées. Ainsi, il maintient toutes les énergies/les « moi » comme acceptables.

 

Les archétypes :

Selon Jung, il s’agit d’un instinct psychique, un schéma de comportement instinctif contenu dans l’inconscient collectif. Nous venons au monde avec des tendances innées, certaines sont des instincts psychiques (celui de la mère, du père, du héros, de victime, de patriarche, de matriarche, de guerrier, de lâche, de rebelle, d’enfant magique, etc.), d’autres sont des instincts physiques (respirer, se débattre, crier en réaction à la douleur, pleurer, reconnaître nos proches à l’odeur, se battre, téter, etc.).  Tous ces instincts sont reliés à un fantastique instinct général : survivre et s’adapter ; nous allons donc les activer et les rendre opérationnels au fur et à mesure de nos besoins. Chaque archétype a ses points forts et ses points faibles, ses avantages et ses inconvénients. Leur rôle au départ est de nous aider, de prendre en charge notre sécurité, de nous protéger, mais ces forces, lorsqu’elles ne sont pas équilibrées par l’un ou l’autre de leurs opposés, finissent par nous couper de nous-même. En effet, ce processus est indispensable dans l’enfance pour être le moins possible exclu ou rejeté ; il ne l’est plus à l’âge adulte !

Chaque être humain vient au monde avec cet ensemble universel d’instincts, mais chacun vient aussi avec sa vérité propre : l’empreinte psychique ou l’essence. Or, les archétypes développés sont parfois si éloignés de notre empreinte psychique que nous pouvons vivre sans lien avec nous-même, exclus de notre réalité la plus intime. Lorsqu’ils se sont installés très tôt, ces archétypes sont difficilement identifiables par la personne qui les vit. Ils ont toujours, dans ce cas, deux aspects : l’un est l’énergie pure, l’autre sert de béquille à la personnalité. Ce second aspect correspond à une déformation de l’énergie initiale, devenue systématique, tyrannique et extrêmement critique. Nous perdons notre liberté de choix, ces archétypes nous épuisent, nous les nourrissons, nous avons renoncé à être nous-même.

Pour gérer ces forces archétypales, il faut penser en termes de polarité, voir si nous pouvons incarner l’opposé de notre archétype habituel est un chemin. Cet accès énergétique donne un équilibre et empêche l’identification. Cela demande de faire face à notre vulnérabilité, auparavant prise en charge par l’archétype.

Trois sortes d’énergies sont présentes chez tout être humain : Les énergies primaires, les énergies reniées, généralement reléguées dans l’inconscient (ce qui est inconscient est dangereux car actif à notre insu) et les énergies non développées ; la vie ne nous ayant pas encore présenté l’opportunité de les développer. Une énergie non développée qui ne se développe pas au moment approprié devient une énergie reniée.

 

Champ et lien énergétiques :

L’échange énergétique entre deux personnes varie spontanément. Supporter les variations normales dans l’échange énergétique permet de maintenir le lien ; souffrir de ces variations entraîne un retrait et une coupure du lien. Cela d’autant plus que tout se passe au niveau inconscient et n’est pas verbalisé.

Le lien énergétique dépend des Co-personnalités en présence. C’est pourquoi, en dépit de nos efforts, nous réagissons toujours de la même façon en face de certaines personnes. Nos parties primaires, avec leurs champs vibratoires propres, entrainent ces réactions ; des jeux énergétiques automatiques en découlent.

Le Voice Dialogue a répertorié ces automatismes sous le nom de « bounding pattern », mot à mot « schéma du lien », traduit en français par « schéma d’ancrage » ou encore « schémas relationnels ». La première traduction met davantage l’accent sur le fait que les énergies s’ancrent (ou se polarisent) les unes avec les autres.

Le lien avec l’autre est un champ d’investigation, le lien avec nous-même l’est tout autant.

Dans les années 80, Robert Stamboliev, dans « Les fondements énergétiques du Dialogue Intérieur », met en évidence que:

1/ L’énergie suit la pensée (« je pense à ma main droite, l’énergie y afflue »),

2/ L’énergie est naturellement inductive (c’est évident avec les états émotionnels : la tristesse induit la tristesse, et c’est aussi le cas avec les énergies plus mentales ou des jugements),

3/ L’énergie entre en résonnance (nos énergies sont modifiées par la présence d’autres énergies, humaines, animales, archétypales, objets, lieux, etc.),

4/ L’énergie est neutre en elle-même.

 

Les schémas d’ancrage :

Etre en ancrage relationnel est notre manière de nous nourrir au niveau énergétique. Le schéma d’ancrage 1er est celui entre la mère et l’enfant ; si elle ne sait pas créer ce type d’ancrage, l’enfant mourra. Lorsque nous les schématisons, nos relations se calquent sur ce modèle premier.

Une constante existe : ce que nous renions, nous l’épousons !  C’est un peu comme si, lorsqu’un individu n’est pas complet, les forces en présence s’arrangent pour se compléter à l’aide d’un autre individu, mari, femme, enfant, animal, patron, voisin. Une autre façon de le dire : nous attirons ce que nous renions. Nous tombons amoureux de nos parties reniées, puis nous nous débattons pour ne pas les intégrer. Dans notre besoin de continuer à les renier, nous commençons à tuer l’autre. Ce que nous tuons cependant n’est rien d’autre que nous-même et ce dont nous voulons nous couper ne cessera de nous revenir.

Certains schémas d’ancrage sont positifs, c’est-à-dire harmonieux : chacun joue son rôle et la relation fonctionne. Ce qui peut être perdu, c’est la possibilité de croissance. Il est très difficile de sortir de cet ancrage, de le couper. Le plus souvent, il faut passer par un schéma d’ancrage négatif, où les masques tombent, pour se transformer en une crise de croissance.

Le déclencheur de ce type de relation, extrêmement douloureuse, est tjrs une vulnérabilité dont nous demandons à l’autre de prendre soin. Ce que nous jugeons, ce que nous attaquons, c’est tjrs notre partie reniée qui se trouve souvent être la partie dominante de l’autre. Attaques et blessures se succèdent, parties primaires et parties reniées jouent à la balle. Les Enfants vulnérables sont terrifiés, mais les deux partenaires ont perdu contact avec leur vulnérabilité.

Pour tenter de sortir de ce schéma d’ancrage négatif : 1/ Repérer les schémas d’ancrage, 2/ Sortir de ce schéma d’ancrage (chercher la vulnérabilité qui a mis le feu aux poudres et chercher s’il existe une manière différente d’en prendre soin), 3/ Utiliser la CNV (pour communiquer à l’autre ses besoins) et 4/ Ne jamais chercher qui a commencé !

La souffrance de ces ancrages douloureux est l’une des raisons qui nous oblige à sortir de nos primaires, par ailleurs si confortables. Si nous ne connaissons pas notre vulnérabilité, si nous la remettons dans les mains de l’autre, le schéma d’ancrage est en route ; les parties reniées en seront le carburant.

Si vous croyez dominer la situation, vous vous êtes un peu trop déplacé sur le côté Pouvoir. Si vous croyez être à la merci de l’autre, vous êtes trop vulnérable. Il existe peu d’exception à la règle : agir à partir d’une partie dominante provoque des réactions de colère. Agir à partir de la victime (la vulnérabilité sans accès à son pouvoir) provoque des réactions de rejet. La réaction de l’autre nous dit si nous avons parlé d’un pôle ou d’un autre ou d’une position plus centrée.

Les schémas d’ancrage sont mécaniques ; lorsque je suis placé sur un pôle énergétique, l’autre (individu ou groupe) va se placer sur l’autre.

 

Processus de transformation :

Le processus de conscience qui prend place entraine un processus de transformation. Cette transformation est permise par le déplacement de la vulnérabilité : à l’origine ignorée et prise en charge par les parties dominantes de la personnalité, elle est peu à peu dévoilée. Lorsque la vulnérabilité est prise en charge par l’égo conscient, la transformation devient possible : il n’est plus nécessaire à la personne d’être identifiée à sa partie dominante pour prendre soin d’elle-même. L’égo conscient nous donne une clé pour sortir des conflits relationnels et en comprendre le mécanisme.

Cette transformation se fait de façon organique, dans un processus de croissance interne, très semblable à celui qui existe dans une plante ou dans le développement des cellules à l’origine de la vie. Nous abandonner à ce mouvement interne de croissance, lui faire confiance, est le nouveau défi. Vouloir une libération rend la libération plus difficile car elle n’a aucun rapport avec la volonté. Cette conscience, en permanent processus de développement, fait alors la paix avec elle-même ; un sens de « complétude », de perfection dans l’imparfait, se fait jour.

L’autre devient une expérience intérieure et ne peut plus être étranger ou ennemi.

 

Auteur: Véronique Brard (préface de Hal & Sidra Stone)

Éditions : Le Souffle d’Or

 

Réflexion:

En effet « miroir », en quoi cette lecture pourrait-elle évoquer votre parcours et comment pensez-vous qu’elle nous inspire dans nos accompagnements de cadres & dirigeants, en OUTPLACEMENT INDIVIDUEL et EXECUTIVE COACHING ?

Au plaisir de futurs échanges …